Conseils pour publier une BD : retour à l'accueil de la rubrique - spoogue.org ORIGINES DE LA BD SPOOGUE.

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Naissance de la BD Spoogue : historique.
Spoogue est né mi-1998, fruit d'un an et demi de collaboration avec Olivier M. alias Babylon Man. Au préalable nous avions travaillé tous deux sur un autre projet, dénommé Karmina Stix.

L'univers et les démarches menant à l'édition ont été conçues en commun. Alors que notre projet précédent piétinait à cause du dessin d'Olivier, jugé encore trop imature par les éditeurs (le scénario n'était regardé qu'en second).


Avec Spoogue, nous avons rebondit sur un univers bien différent, plus laché et plus sombre, ouvertement inspiré de l'étrange noël de monsieur Jack de Tim Burton dont j'avais confié le livre du film à Babylon M pour qu'il y puise de l'inspiration.
SPOOGUE ORIGINES, le livre de Frank Thompson sur le film l'étrange noël de monsieur Jack (nightmare before christmas) de Tim BURTON.
SPOOGUE ORIGINES : le livre de Frank Thompson sur le film l'étrange noël de monsieur Jack (Nightmare Before Christmas) de Tim BURTON - DREAMLAND éditeur.

Les difficultés pour imposer l'univers décalé de spoogue.

Angoulème 1999. Nous quittons la camionnette de brocanteur où nous avons passé la nuit pour aller démarcher les éditeurs, sous nos bras, synopsis et planches de Spoogue.
SPOOGUE : dossier original pour Angoulème 1999

Bilan : les éditeurs sont frileux, l'univers monochrome n'est pas assez commercial, ils veulent de la couleur qu'à celà ne tienne, nous finalisons donc notre projet BD et Olivier effectue des planches en couleur. La méthode pour créér le dossier pour présenter votre projet de BD aux éditeurs, présentée sur ce site est donc l'aboutissement de nos démarches successives.

Présentation du nouveau projet BD

Avril/mai 1999, nouvelles démarches chez les éditeurs Parisiens pour faire publier Spoogue.


En relisant les dialogues finalisés du story board dans le train qui nous mène à Paris, je suis consterné par le saccage à la fois stylistique et narratif, Olivier a  pris de sacrées libertés sur les textes que je lui ai faxé pour le story board.
Quelques bulles n'ont même plus une succession correcte et certaines expressions sont de véritables contre-sens linguistiques, bref de l'amateurisme, le hic c'est que c'est ma partie du boulot qui est saccagée.

Glénat prétexte avoir un projet similaire prêt pour l'édition et rejette notre projet BD qu'il avait pourtant flatté à Angoulême.

François Capuron de Delcourt apprécie le nouveau graphisme réhaussé de quelques couleurs et photocopie le story board pour monter ça au boss de la maison d'édition.

Quelques jours plus tard, j'ai F. Capuron au téléphone et il m'annonce :

« l'univers de Spoogue est trop décalé de ce qu'on produit, Delcourt a été choqué par la scène où Yogol pète »

Annecdote amusante en plus d'un storyboard aux dialogues massacrés, Delcourt bloque sur un "gag" 100% Olivier.
SPOOGUE : couverture originae pour les Editions Pointe Noire.

Le soucis que nous pose le refus de Delcourt devient vite secondaire (du moins à mes yeux) car l'éditeur Pointe Noire, a flashé sur notre Spoogue, son humour et son univers décalé, un peu différent du paysage BD francophone de 1999 ( lire le scénario original de Spoogue 1999).

De 50/50 à 70/30

Après la visite chez Delcourt, les choses ont changé pour Olivier. C'est en effet la première fois que le représentant d'un éditeur lui annonce que son dessin est suffisamment mature pour être publiable.

C'est à ce moment là que tout bascule, car dans une BD c'est d'abord le dessin qui prime, s'il n'est pas à la hauteur, l'éditeur ne lit même pas l'histoire.

Techniquement nous n'avions pas cadré notre collaboration scénariste-dessinateur sur le papier. J'étais donc resté sur les conditions de notre précédent projet Karmina Stix soit 50/50.

Mais dans l'esprit de mon ami, les choses n'étaient apparemment pas les mêmes puisque le lendemain je reçu un fax de sa part remplit de comptes d'apothicaires.

Olivier s'est mis à calculer ses heures de travail, à évaluer les miennes à la cuillère à café et m'a déclaré que la nouvelle répartition serait désormais de 70/30 je n'avais pas le choix dans sa tête ça en avait toujours été ainsi depuis le début, même s'il ne me l'avait pas dit(!)

S'en sont suivis de sombres jours pour votre serviteur.

Pas d'accord du tout pour être demi-scénariste, mais acculé car incapable de desiner moi-même la série j'étais prêt à faire une concession sur l'argent à condition de garder mon crédit de scénariste. De mon point de vue les 3 pages de fanzine du Spogg d'Olive n'auraient jamais abouties à Spoogue sans que j'y projette mon univers et ma patte de scénariste.

Je Je fis cette concession, nous tombâmes d'accord. Quelques paroles de plus scellées par nos verres de Leffe.

Lors de la présentation du story board de SPOOGUE à l'éditeur POINTE NOIRE, les modifications hasardeuses d'Olive ont été corrigées par mes soins, j'ai redessiné toutes les bulles et revu tous les dialogues.

Les bulles se succèdent en rythme, la BD est fluide et agréable à la lecture. En lisant le story board, Hervé Manuguerra le directeur d'édition de Pointe Noire, affiche un sourire réjouit, lorsqu'il repose le projet de BD SPOOGUE, il nous confie un contrat d'édition à étudier pour signature. Normalement n'a pas de budget pour l'avance mais il va en trouver quand même.



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Spoogue : la rupture.

Naissance d'un gros Saṅkhāra de colère.

De retour en province, je scanne et passe le contrat de spoogue à l'OCR (logiciel de reconnaissance de caractères) afin de pouvoir le modifier pour en adapter les termes d'avantage en notre faveur, à la suite de quoi je passe un coup de fil à Pointe Noire ef fax le tout au Directeur d'édition qui valide mes modifications.

Il ne manque plus que nos signatures en bas du contrat. Nous sommes le lundi soir, le rendez-vous est pris pour le mercredi matin à Paris.

Sauf que...

Le lendemain matin, mon ami Olive BABYLON MAN reçoit un coup de fil de François Capuron des Editions Delcourt, celui-ci lui propose de faire des essais pour reprendre la suite de la série Troll qui s'achève. Olivier trouve ça beaucoup plus fun et potentiellement plus lucratif que de partager Spoogue avec moi.

 

La bulle explose


Mon ami, tel qu'il prétend l'être se désiste alors du projet Spoogue.

S'en suit une petite lettre de rupture de ma part, bien chargée d'amertume et nos routes se séparent. Avec du recul, je pense qu'on on aurait mieux fait de règler ça une fois pour toutes sur un ring.

Quatre mois plus tard, après avoir échoué aux essais de sa reprise de Troll, Olivier Babylon MAN reprend Spoogue en solo sans m'en toucher un mot, endossant la double casquette de dessinateur et scénariste et passant de 70/30 à 100/100.


Olive signe alors chez Delcourt un contrat dans lequel l'éditeur se décharge de toute responsabilité envers moi. Le contrat comporte en effet une mention précisant qu'en cas de procès avec moi, les frais inhérents à une éventuelle procédure judiciaire seraient à sa charge.

Dixit Olivier, après que j'ai envoyé un courrier recommandé A.R. aux éditions Delcourt à propos de SPOOGUE,
SPOOGUE : la lettre recommandée à du PENDU.
Ce recommandé exprime mon étonnement à l'éditeur concernant son intention de publier la bande dessinée SPOOGUE dont j'étais l'auteur, et dont je venais d'apprendre (avec étonnement) sur le web qu'elle allait sortir prochainement.

2001
Effectivement, après deux ans de silence radio total, mon recommandé A.R. à porté ses fruits et mon ami Babylon MAN (qui n'avait pas jugé utile de répondre à ma missive d'adieux de juin 1999 : Babylon Man) s'est subitement souvenu de mon existence et m'a m'a téléphoné pour me faire entendre raison, comme si nous nous étions quittés la veille en meilleurs amis du monde !

SPOOGUE : ma missive d'adieux de juin 1999 à Babylon M  Man - Babylon Man

La dernière coulœuvre

Lors de cette ultime conversation téléphonique, Babylon Man m'a déclaré qu'il me ferait parvenir le nouveau story board de Spoogue, parce qu'il avait changé toute l'histoire et que par conséquent, je n'avais pas de raison de lui faire un procès.

J'ai accepté sa proposition d'étudier le story board, tout en le laissant à sa panique, juste retour de bâton.

Techniquement je n'ai jamais reçu le story board de cette nouvelle version de Spoogue dénommée « kougna ».

Mais quelques jours plus tard, je reçois un appel de Delcourt qui me demande de lui communiquer les pièces de mon dépôt concernant la BD Spoogue,
SPOOGUE : dépôt de 1999 à la SCAM VELASQUEZ.
pour qu'il voit si j'ai droit à quelque chose.

Les dépôts de spoogue ©

Blasé d'être le dindon de cette farce, avec un manque total de diplomatie, je l'envoie paître. Techniquement j'avais tout déposé à la Scam et au copyright Office, je pouvais prouver l'antériorité du projet, les cartes étaient entre mes mains.

Après un mois et demi, l'album fut publié.

SPOOGUE 1 KOUGNA - exemplaire acheté dans une FNAC.
Par l'acquisition de Spoogue 1 Kougna dans une fnac, je découvre que l'histoire à été totalement réécrite.

Du coup je ne pouvais attaquer que sur les deux personnages rescapés (Spoogue et Albrecht) ainsi que l'univers, techniquement c'était suffisant, d'un point de vue éthique, ça aurait desservi mon Karma.

Le produit final Spoogue 1 kougna m'a déçu autant qu'il m'a réjouit, d'un côté j'étais content de voir que mon pote réalisait son rêve, d'un autre le produit final ne risquait pas de faire un best seller de la BD, ce qui contentait largement mon égo.

Après ces aventures, je me suis mis à faire du Chi Gong et j'ai commencé à dissoudre ma colère.

Conclusion : il peut être pertinent de bien cadrer les choses lorsqu'on travaille à deux, poser les termes sur le papier et établir un contrat de collaboration en début de projet me paraît une très bonne idée!




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