L'univers et les démarches menant à l'édition ont été conçues en commun. Alors que notre projet précédent piétinait à cause du dessin d'Olivier, jugé encore trop imature par les éditeurs (le scénario n'était regardé qu'en second).
Avec Spoogue, nous avons rebondit sur un univers bien différent, plus laché et plus sombre, ouvertement inspiré de l'étrange noël de monsieur Jack de Tim Burton dont j'avais confié le livre du film à Babylon M pour qu'il y puise de l'inspiration.

SPOOGUE ORIGINES : le livre de Frank Thompson sur le film l'étrange noël de monsieur Jack (Nightmare Before Christmas) de Tim BURTON - DREAMLAND éditeur.
Les difficultés pour imposer l'univers décalé de spoogue.
Angoulème 1999. Nous quittons la camionnette de brocanteur où nous avons passé la nuit pour aller démarcher les éditeurs, sous nos bras, synopsis et planches de Spoogue.

Bilan : les éditeurs sont frileux, l'univers monochrome n'est pas assez commercial, ils veulent de la couleur qu'à celà ne tienne, nous finalisons donc notre projet BD et Olivier effectue des planches en couleur. La méthode pour créér le dossier pour présenter votre projet de BD aux éditeurs, présentée sur ce site est donc l'aboutissement de nos démarches successives.
Présentation du nouveau projet BD
Avril/mai 1999, nouvelles démarches chez les éditeurs Parisiens pour faire publier Spoogue.
En relisant les dialogues finalisés du story board dans le train qui nous mène à Paris, je suis consterné par le saccage à la fois stylistique et narratif, Olivier a pris de sacrées libertés sur les textes que je lui ai faxé pour le story board.
Quelques bulles n'ont même plus une succession correcte et certaines expressions sont de véritables contre-sens linguistiques, bref de l'amateurisme, le hic c'est que c'est ma partie du boulot qui est saccagée.
Glénat prétexte avoir un projet similaire prêt pour l'édition et rejette notre projet BD qu'il avait pourtant flatté à Angoulême.
François Capuron de Delcourt apprécie le nouveau graphisme réhaussé de quelques couleurs et photocopie le story board pour monter ça au boss de la maison d'édition.
Quelques jours plus tard, j'ai F. Capuron au téléphone et il m'annonce :
« l'univers de Spoogue est trop décalé de ce qu'on produit, Delcourt a été choqué par la scène où Yogol pète »
Annecdote amusante en plus d'un storyboard aux dialogues massacrés, Delcourt bloque sur un "gag" 100% Olivier.

Le soucis que nous pose le refus de Delcourt devient vite secondaire (du moins à mes yeux) car l'éditeur Pointe Noire, a flashé sur notre Spoogue, son humour et son univers décalé, un peu différent du paysage BD francophone de 1999 ( lire le scénario original de Spoogue 1999).
De 50/50 à 70/30
Après la visite chez Delcourt, les choses ont changé pour Olivier. C'est en effet la première fois que le représentant d'un éditeur lui annonce que son dessin est suffisamment mature pour être publiable.
C'est à ce moment là que tout bascule, car dans une BD c'est d'abord le dessin qui prime, s'il n'est pas à la hauteur, l'éditeur ne lit même pas l'histoire.
Techniquement nous n'avions pas cadré notre collaboration scénariste-dessinateur sur le papier. J'étais donc resté sur les conditions de notre précédent projet Karmina Stix soit 50/50.
Mais dans l'esprit de mon ami, les choses n'étaient apparemment pas les mêmes puisque le lendemain je reçu un fax de sa part remplit de comptes d'apothicaires.
Olivier s'est mis à calculer ses heures de travail, à évaluer les miennes à la cuillère à café et m'a déclaré que la nouvelle répartition serait désormais de 70/30 je n'avais pas le choix dans sa tête ça en avait toujours été ainsi depuis le début, même s'il ne me l'avait pas dit(!)
S'en sont suivis de sombres jours pour votre serviteur.
Pas d'accord du tout pour être demi-scénariste, mais acculé car incapable de desiner moi-même la série j'étais prêt à faire une concession sur l'argent à condition de garder mon crédit de scénariste. De mon point de vue les 3 pages de fanzine du Spogg d'Olive n'auraient jamais abouties à Spoogue sans que j'y projette mon univers et ma patte de scénariste.
Je Je fis cette concession, nous tombâmes d'accord. Quelques paroles de plus scellées par nos verres de Leffe.
Lors de la présentation du story board de SPOOGUE à l'éditeur POINTE NOIRE, les modifications hasardeuses d'Olive ont été corrigées par mes soins, j'ai redessiné toutes les bulles et revu tous les dialogues.
Les bulles se succèdent en rythme, la BD est fluide et agréable à la lecture. En lisant le story board, Hervé Manuguerra le directeur d'édition de Pointe Noire, affiche un sourire réjouit, lorsqu'il repose le projet de BD SPOOGUE, il nous confie un contrat d'édition à étudier pour signature. Normalement n'a pas de budget pour l'avance mais il va en trouver quand même.
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