Bande dessinée (BD) en ligne : Les Contes du Septième monde.  


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  LES CONTES DU SEPTIEME MONDE ~ Entretien avec RADGEL.
 
INTERVIEW de RAGEL, scénariste et dessinateur de l'album de Bande Dessinées (BD) en ligne Les Contes du Septième Monde.

- Quelles ont été tes démarches auprès des éditeurs de bande dessinée (BD)? Lesquels as-tu contactés pour proposer les contes du Septième Monde à la publication traditionnelle et quelle a été leur réponse?

- As-tu contacté des éditeurs de bande dessinée (BD) étrangers?

- Combien d'exemplaires de ta bande dessinée (BD) Les contes du Septième Monde tu devrais vendre par mois pour toucher l'équivalent du SMIC?

- As-tu reçu une formation en dessin, école d'art? 

- Parlons un peu technique de création de bande dessinée (BD) comment travailles-tu?

- Sur quelles machines as tu conçu ta bande dessinée (BD) et avec quels logiciels?

-Quelles sont tes inspirations pour ta bande dessinée (BD) les contes du Septième Monde?

- Quelle musique écoutes-tu en travaillant sur ta bande dessinée (BD)?

- Où vis-tu?

- Quelles sont tes passions en dehors de la Bande dessinée (BD)?

- Quel types de Bandes Dessinées (BD) lis tu?

- Quelles sont tes inspirations littéraires?

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Quelles ont été tes démarches auprès des éditeurs de bande dessinée (BD)? Lesquels as-tu contactés pour proposer les contes du Septième Monde à la publication traditionnelle et quelle a été leur réponse?
Euh... En fait, je crois que je les ai tous contactés. :) Au départ, je ne souhaitais pas vraiment réaliser une BD dans le but de me faire éditer : c’était plutôt un jeu ou un test, pour me prouver que j’en étais capable. Je dessine de façon intensive depuis des années maintenant. A ce stade, je crois qu’on peut véritablement parler d’obsession. C’est aux alentours de 2000 que l’idée de raconter une histoire a sérieusement commencé à me titiller... Mais c’est vers 2003 que j’ai pu profiter d’une période plutôt creuse au niveau boulot pour m’atteler à la conception de l’univers des Contes du Septième Monde. Après avoir réalisé un bon nombre de pages, et en voyant les critiques plutôt positives des amateurs de BD auxquels j’ai présenté mes planches, je me suis dis que finalement, je devrais peut être essayer de faire passer mon projet auprès des éditeurs... Quand le premier tome des Contes du Septième Monde a été bouclé, j’ai monté un petit dossier que j’ai envoyé en recommandé aux principales maisons d’édition...

Sur les 14 dossiers postés, trois éditeurs m’ont renvoyé le dossier sans autre forme de procès (ce qui est somme toute assez sympa, vu le nombre de requêtes du même type auxquelles un directeur éditorial doit faire face chaque semaine). Deux autres éditeurs m’ont restitué le dossier accompagné d’une lettre type malheureusement négative, et un autre ne s’est même pas donné la peine d’ouvrir l’enveloppe que je lui ai soumise : l’enveloppe a juste été attrapée, remise dans une enveloppe plus grande, et retour à l’expéditeur (c’est vrai que c’était en plein dans la période du festival d’Angoulême : ceux là devaient être débordés ! :)

Des 8 autres dossiers envoyés, je n’ai plus jamais eu de nouvelles. Sauf en ce qui concerne UNE SEULE maison d’édition qui semble ne pas encore avoir perdu sa dimension humaine. Il s’agit de Bamboo Editions (pour ne pas les nommer) dont le directeur éditorial m’a tout de même appelé à mon domicile pour m’encourager dans ma démarche, et me conseiller de ne pas lâcher le morceau... Savoir qu’il existe au moins une personne quelque part qui ne considère pas le dossier qu’on lui envoie comme un petit tas de papier anonyme sur le coin de son bureau réchauffe le cœur lorsque vous vous frottez à la jungle de l’Edition. Mais encore une fois, mon projet était un peu trop «sombre» pour cadrer avec leurs différentes lignes éditoriales, et nous n’avons pas pu collaborer.

D’après les infos que j’ai pu glaner depuis lors, il semblerait que le fait de présenter un projet déjà bouclé serait plutôt casse-gueule. Je me retrouvais donc avec une BD d’une cinquantaine de pages finalisées sur les bras, une envie mordante de continuer avec les Contes du Septième Monde et... pas d’éditeur. Mais comme je suis du genre têtu, je me suis dis que puisque la BD online commençait à cartonner outre atlantique, il était peut être temps de tenter une auto prod sur le Net... J’ai donc créé le site des Contes du septième Monde. Et c’est maintenant aux lecteurs, auxquels s‘adressent en premier lieu la Bande-Dessinée, de se faire une opinion sur mon travail...
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As-tu contacté des éditeurs de bande dessinée (BD) étrangers?
Ça dépend si on compte les éditeurs suisses et belges...:) Sinon, hormis les éditeurs francophones, je n’ai encore démarché personne, puisque je ne possède toujours pas de version anglaise, ce qui, je pense, ne saurait tarder... Ensuite, j’aviserai. Mais je crois qu’avant de commencer à m’exporter, je vais essayer de tâter un peu le terrain avec le site. Si j’obtiens suffisamment d’échos favorables de la part des lecteurs, j’essaierai certainement de me rapprocher d’éditeurs plus exotiques, notamment au Canada, aux Etats-Unis, ou en Angleterre...
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Combien d'exemplaires de ta bande dessinée (BD) Les contes du Septième Monde tu devrais vendre par mois pour toucher l'équivalent du SMIC?
Pour être tout à fait franc, sur la vente d’un DVD à 8 Euros, si tu retires le coût du DVD vierge, les frais de port, de conditionnement et le prix de l’impression de la jaquette, il me reste environ 4 Euros hors taxes auxquels il faut encore défalquer les charges. Bref, on peut tabler sur environ 3 Euros de bénef par DVD, soit un peu plus de 20 francs. Si on place de façon utopique le SMIC à 6000 F net, le calcul est simple : 6000 : 20 = 300.

Je devrais donc vendre environ 300 DVD par mois pour toucher l’équivalent du SMIC. Autant te dire que pour l’instant, je suis loin du compte :) et que celui qui n’est pas un fondu du truc n’a pas intérêt (financièrement parlant, s’entend...) à se lancer dans la BD auto prod à des fins commerciales.

Note de La Goule : Celà dit, il n'y
a pas beaucoup d'auteurs de BD qui touchent 3 euros par exemplaire vendu... au mieux un débutant peut espérer 1 euro, voir 1 euro 50 par exemplaire en édition traditionnelle.
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As-tu reçu une formation en dessin, école d'art?
Non. En ce qui concerne le dessin, je suis à 100% autodidacte... d’ailleurs, je crois que ça se sent. J’estime parfois que certaines planches que je ponds sont bonnes à jeter, mais je travaille pour m’améliorer. Pour créer la BD des Contes du Septième Monde, il a fallu que je me cherche un style qui est assez différent de ce que je faisais auparavant en matière d’illustration. Je ne voulais pas de personnages style Manga (trop téléphoné, même si j’aime beaucoup certains Mangas) je ne voulais pas non plus du style parfois simpliste et dépouillé du comics américain...Ni encore des personnages un peu trop caricaturaux de le BD Européenne (j’aime trop le réalisme, voire l’hyper réalisme). Et puis j’ai trop souvent été déçu de découvrir la SUPERBE Cover d’une BD, pour être ensuite refroidit en découvrant à l’intérieur des planches de qualité bien inférieures à l’illustration de couverture. Je voulais donc que toute la BD soit, graphiquement parlant, au même niveau que la couverture.

Bon... ok ! Avec le Tome 1, ce n’est pas encore tout à fait ça... Mais je pense pouvoir dire que le second tome sera déjà nettement plus aboutit à ce niveau... J’ai pas mal tâtonné pour Kymaera l’Apatride, mais je pense éviter certaines erreurs du premier tome dans le second opus des Contes du Septième Monde. Après tout, j’apprends encore tous les jours, grâce aux conseils et aux critiques des lecteurs et c’est ça qui est exaltant en matière d’illustration !

Donc, en résumé, pas d’école d’art, ni de formation : juste des centaines d’heures passées derrière ma table rétro éclairante à me pourrir les yeux depuis 15 ans, pendant que la plupart de mes potes se prélassaient sur les bords de la piscine par de superbes mois d’aoûts... y’a vraiment pas de justice.:)
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Parlons un peu technique de création de bande dessinée (BD) comment travailles-tu?
En fait, en y réfléchissant, ma méthode de travail semble se caractériser par l’absence de méthode. Comme j’assure seul la conception de la BD du scénar jusqu’aux textes, en passant par le dessin et la mise en couleur, je ne verbalise pas l’histoire : Rien n’est écrit sur papier. Je sais déjà d’avance où je veux aller. Je prépare mes pages en esquissant très rapidement le découpage des planches et les personnages. C’est à mes yeux l’une des phases les plus intéressantes. Ensuite j’affine mes esquisses jusqu’à obtenir quelque chose d’homogène... Il y a aussi tout un travail de préparation en amont : je fais des recherches, des repérages photos, et j’utilise aussi la 3D. Ensuite, je scanne mes crayonnés afin de les affiner sur PC. A partir de là, tout se joue en virtuel. Depuis que j’y ai goûté, je ne peux plus me passer du confort que procure le numérique. Je me demande franchement ce que je deviendrais maintenant sans le concept de degré d’annulation infini :).

Après avoir scanné mes esquisses, et colorisé les planches, je retouche couleurs et crayonnés à la tablette graphique, j’inclus aussi de la 3D, des morceaux de photos, j’utilise des filtres d’image, jusqu’à obtenir un rendu global qui me satisfasse... Là, je balance l’Image sous Corel Draw (l’équivalent Corel de l’Illustrator d’Adobe) pour placer les phylactères et c’est seulement à ce moment que je travaille les textes sur lesquels j’ai réfléchi pendant toute la création de la planche. là aussi, c’est une étape longue, parce que j’y reviens sans cesse, et que j’ai tendance à trop parler :) mais j’aime beaucoup ça, car ça finalise la planche, et on voit vraiment ce que rendra le produit fini à ce stade. Quand je suis satisfait du résultat, je n’ai plus qu’a réexporter la planche lettrée dans un format exploitable pour la mise en ligne... Et c’est théoriquement terminé.

En moyenne, la réalisation d’une planche complète, de la feuille blanche jusqu’à ce qu’on peut voir en ligne représente une bonne semaine de travail, à raison de 10 à 12 heures par jour...
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Sur quelles machines as tu conçu ta bande dessinée (BD) et avec quels logiciels?
En fait, je tourne sur mon bon vieux PC cadencé à 2 GH, 764 Mo de RAM et 5 disques durs de 120 go en rack (je sais pas vous, mais moi j’ai jamais assez d’espace disque). J’ai aussi deux écrans 22 pouces, afin de m’assurer une surface de travail optimale. Quand on a goûté à ce type de confort, on devient vite incapable de s’en passer ! (NDLG : je confirme, ça confère un gain de productivité énorme) Cette machine, qui commence tout de même à donner de sérieux signes de décrépitude, tourne sous XP. J’ai aussi une petite tablette graphique Wacom au format A5 qui me rend toujours bien des services... En ce qui concerne les logiciels, j’utilise Carrara dans sa dernière version pour la 3D, et une ancienne version de la Suite Corel pour la partie graphique (Personnellement, pour avoir goûté aux deux, je trouve qu’il existe un certain snobisme dans la profession concernant la Suite Adobe, alors que concernant ce type de logiciels, Corel à de tout temps eu au moins deux ans d’avance sur Adobe en matière d’ergonomie, de potentiel et de fonctionnalité (même si la tendance semble s’être aujourd’hui inversée avec la dernière version de Photoshop).
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Quelles sont tes inspirations pour ta bande dessinée (BD) les contes du Septième Monde?
Tout. Depuis le début. En fait, les Contes du Septième Monde constituent une sorte de trame fédératrices de tout ce que j’ai toujours aimé non seulement en matière de BD, mais aussi en littérature, dessins animés, etc... C’est un univers dans lequel je peux développer tout ce qui m ‘a fasciné un jour ou l’autre : les grandes énigmes de la science, l’étude du monde animal, les interactions culturelles et ethnologiques entre peuples, les faits marquants de l’Histoire humaine, et le caractère sombre de la psyché humaine. Ce projet met non seulement à profit tous mes centres d’intérêt : Mon goût pour l’écriture, la modélisation 3D, la retouche photo, le dessin, mais il me permet aussi de dépeindre toutes les monstres fantastiques, mythologiques, les créatures un tantinet aguichantes, ou les obscures thématiques gothiques chères à mon cœur.

A y regarder de plus près, mes inspirations sont pléthoriques et protéiformes (j’aime bien les mots compliqués, ça donne l’air intello :
) Pour l’empire d’Hyster et l’Impératrice Ernelle, je crois que les illustrations de Sardax (à ne pas mettre entre toutes les mains), et les poupées corsetés de Hajime Sorayama ne sont pas étrangères au processus... En ce qui concerne les combats d’arène, je pense que le Gladiator de Ridley Scott m’a profondément influencé. Royo doit avoir laissé sa trace quelque part entre les armures rutilantes des guerrières qui émaillent le récit et la plastique des dites combattantes ; à moins que ce ne soient les armures étincelantes des Chevaliers du Zodiaque qui refassent inconsciemment surface... Pour les scènes un peu plus violentes et décalées, demandez à Mr Tarantino, ou voyez-y des heures passées le nez collé aux lithographies décalées de Giger. Ajoutez à ça une surexposition en bas âge aux super héroïnes Marvel en cuissardes et body moulant...Je ne sais pas. Il y a tellement de source différentes qui se télescopent. Même si je peux retrouver certaines pistes quant à mes inspirations, il est impossible de savoir avec exactitude quel personnage ou quel auteur a présidé en filigrane à la création de tel ou tel fragment des Contes du Septième Monde...Les vampires de Anne Rice ou de Bram Stocker, les ambiances Lovecraftiennes, les sagas de Tolkien ou de Asimov, les Capitaines Flam et les Albators de notre enfance sont tous là, quelques part, déformés, maltraités, dilués, mais pourtant omniprésents derrière chaque perso, chaque case, ou chaque bulle... Et il doit en aller de même avec n’importe quel processus créatif.
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Quelle musique écoutes-tu en travaillant sur ta bande dessinée (BD)?
En fait je ne suis pas spécialement mélomane. J’écoute à peu prés tout ce qui peut me passer sous la main... Ca va des sketches de Bigard, en passant par la Disco, du Rap, ou de la Techno bien lourde. Je ne fais pas de discrimination. Pour les scènes de combat du tome 1, j’écoutais pas mal de Tool et d’autres trucs un peu pêchus... J’ai pas mal tourné aussi avec la B.O de Gladiator. Mais pour être tout a fait franc, la plupart du temps, je me cale sur France 5, la seule chaîne TV encore à peu prés digne de ce nom (même si on commence depuis quelques temps à y noter une certaine tendance au pourrissement publicitaire... Eh ouais ! Tout fout le camp...!) J’adore, entre autres, les documentaires animaliers, l’ethnologie, la technologie, l’astronomie, les sciences... Tout ça me fascine, et mater un documentaire pendant que tu travailles t’amènes souvent des tonnes d’inspirations... A conseiller vivement, donc, à quiconque souhaite dessiner et se cultiver simultanément...
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